Les régions de Diourbel et Aquitaine renforcent leur coopération

Monsieur Serigne Fallou Mbacké, Président du Conseil Régional de Diourbel et Madame Catherine Veyssy, Vice-présidente du Conseil Régional d’Aquitaine, en charge de la formation professionnelle, expliquent les termes de ce partenariat lors d’une interview croisée :

Mme Veyssy, M. Mbacké, comment est né ce partenariat entre la Région Aquitaine et la Région Diourbel ?

Catherine Veyssy :
Ce partenariat est né des relations tissées entre les lycées de Diourbel et d’Aquitaine depuis 2006. En effet cela fait plus de six ans que trois lycées techniques et professionnels girondins entretiennent des relations institutionnelles fortes avec des lycées de la région de Diourbel, dont le lycée Cheikh Amadou Bamba. Des programmes d’échanges menés par les lycéens et leurs professeurs ont permis de créer un socle de solidarité et de confiance entre les deux Régions. En 2010, la Région Diourbel a décidé de créer l’Office régional pour l’emploi des jeunes (OREJ) dont l’objectif est avant tout d’informer, d’orienter et d’accompagner les jeunes dans la recherche d’emploi. Ce projet nous a tout de suite plu et c’est à partir de ces bases solides que nous avons voulu confirmer la coopération entre nos deux Régions en signant un accord de partenariat.

Serigne Fallou Mbacké : En effet, nous pouvons dire que ce partenariat est né grâce à la jeunesse girondine et diourbelloise. 54% de la population de Diourbel a entre 15 et 35 ans, il devenait donc indispensable pour notre Région de former les jeunes et leur proposer des perspectives d’avenir. Grâce aux échanges entre lycées de nos régions dans les domaines de la mécanique, de la climatisation, nous avons constaté que nous avions des intérêts communs et convergents et qu’un accord de partenariat durable était possible.

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C’est la première fois que la Région Aquitaine signe un accord de coopération décentralisée avec l’Afrique de l’Ouest. Pourquoi avoir choisi Diourbel ?

Catherine Veyssy : La Région Aquitaine possédait déjà un accord de coopération avec la Région de Souss-Massa-Drâa au Maroc. Mais c’est effectivement le premier accord de partenariat signé avec l’Afrique de l’Ouest francophone. Des liens historiques, migratoires et de solidarité existent depuis longtemps entre nos deux régions et le travail effectué par les lycées est particulièrement encourageant. Au regard de l’avancement de la décentralisation au Sénégal, la signature d’un partenariat avec Diourbel semblait donc naturelle.

Avez-vous défini des axes prioritaires dans le partenariat qui vous lie ?

M. Mbacké : Oui nous avons défini des axes prioritaires car les attentes et les exigences sont grandes aussi bien du côté français que sénégalais. Chaque besoin a été identifié et priorisé. Notre région a une vocation agricole, artisanale, il convient donc de mettre l’accent sur cet aspect. Le partenariat cherche également à impliquer la jeunesse et l’ensemble de la population de la région. Ce sont des générations entières qui seront bénéficiaires de ce partenariat. Nos deux Régions ont déterminé quatre axes prioritaires : Le premier, c’est la formation professionnelle et l’accès à l’emploi des jeunes. Nous avons pour projet de créer un Office régional pour l’Emploi des Jeunes (OREJ) : son objectif est d’informer, d’orienter et d’accompagner les jeunes diourbellois dans la recherche d’emploi et l’entreprenariat.

Mme Veyssy : Je suis particulièrement sensible à ce sujet et à l’idée de bâtir un projet solide autour de l’OREJ. Les missions locales aquitaines seront notamment pleinement impliquées dans ce projet.

M. Mbacké : Le second axe est l’appui institutionnel et le renforcement des compétences des agents des deux Régions. Cet appui sera réalisé avec l’aide du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) français, qui proposera des sessions de formations aux élus locaux sur le terrain ou en Aquitaine.

Mme Veyssy : De plus, nous travaillons sur des thématiques communes, des cadres de nos deux Régions pourront échanger quant à leurs pratiques professionnelles.

M. Mbacké : Troisièmement, plusieurs expertises ont été menées et devraient déboucher sur des projets d’accès à l’eau et d’accompagnement des associations d’usagers de forages pour plusieurs villages de la région. Enfin, quatrièmement, nous souhaiterions mettre en place des Pôles de développement agricole. Pour cela, l’ONG aquitaine Agrisud pourra nous accompagner, ainsi que les services techniques de la Région.

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De gauche à droite : M. Pierre Chéret, Conseiller régional d’Aquitaine et questeur ; M. Serigne Fallou Mbacké, Président du Conseil Régional de Diourbel et Mme Catherine Veyssy, Vice-présidente du Conseil Régional d’Aquitaine, en charge de la formation professionnelle

Quelle est votre vision de la coopération Nord/Sud à l’heure actuelle ?

M. Mbacké : La coopération décentralisée qui lie de manière étroite les pays du Nord et du Sud semble porter ses fruits depuis déjà plusieurs années. Les collectivités, qui mobilisent également les ONG et les associations, construisent un véritable processus participatif du développement. C’est très important pour nous que les populations soient impliquées dans les projets et que différents acteurs travaillent sur le terrain autour de ces projets. Je crois que la coopération décentralisée permet cela. C’est du moins la vision que j’en ai.

Mme Veyssy : Il est vrai que la coopération décentralisée favorise une relation équilibrée de solidarité entre le Nord et le Sud. C’est un apport mutuel pour chacune des Régions tant sur le plan économique et social que politique. Nous envisageons en tous cas notre partenariat de la sorte : tout le monde reçoit, c’est un enrichissement mutuel, porté par tous.

Marine Durand

Dernière modification : 29/01/2013

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