La fête nationale française fêtée au Sénégal

Les 13 et 14 juillet, l’Ambassadeur de France, Christophe Bigot, a été le maître de cérémonie de deux importantes manifestations.

Le Bal populaire du 13 juillet, organisé au Lycée Jean Mermoz a réuni plus 2000 personnes. Une fête tricolore couronnée par un magnifique feu d’artifice. Cette soirée placée sous le signe de la solidarité a permis de récolter un peu plus de 2 500 000 Fcfa qui ont été reversé à l’Association d’Entraide des Français du Sénégal. Ces fonds serviront à aider nos compatriotes qui rencontrent des difficultés au Sénégal. De nombreux sponsors ont permis de faire de cette soirée une vraie réussite, un moment de détente et d’amusement partagé en famille.

Le 14 juillet, une réception a été organisée à la Résidence de France à laquelle ont été conviées les autorités sénégalaises, le corps diplomatique, personnalités artistiques, religieuses, de la société civile, représentants de la communauté française et autres institutions présentes au Sénégal. Occasion pour l’Ambassadeur de décorer M. Daniel Cabou, ancien secrétaire général de la BCEAO, plusieurs fois Ministre et ancien Secrétaire Général de la Présidence élevé à la dignité de Grand Croix de l’Ordre national du Mérite ; M. Doudou Salla Diop, ancien Ambassadeur du Sénégal à Paris, élevé à la Dignité de Grand Officier de l’Ordre National du Mérite et le Colonel Philippe DIA, Chevalier de l’Ordre national du Mérite.

Discours de Christophe Bigot, Ambassadeur de France au Sénégal prononcé lors de la réception du 14 juillet 2016

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, M. Moustapha Niasse,
Monsieur le Ministre des Forces armées, Augustin TINE, représentant le gouvernement sénégalais
Mesdames et Messieurs les Ministres
Mesdames et Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et représentants d’organisations internationales et de la société civile
Mesdames et Messieurs les Conseillers consulaires,
Mesdames et messieurs les Présidents d’association
Chers amis,

Longtemps j’ai rêvé de Gorée. Mon beau père, grand amoureux du Sénégal, qui y développait il y a plus de 50 ans des pompes solaires, me le racontait sous des couleurs enchanteresses. Et me voici ici à la résidence de France succédant à mon ami Jean Félix-Paganon.

C’est un bonheur que je n’espérais pas. Être ici avec vous dans ce pays qui reste pour toute l’Afrique et au-delà un exemple, un modèle. Ils ne sont pas nombreux ceux qui peuvent se targuer d’avoir connu deux alternances et n’avoir affronté ni conflit ethnique ni coup d’Etat. Bel exemple de modération et de sagesse.

Pour ce jour de fête nationale, j’aurais bien voulu célébrer avec vous une victoire des Bleus, qui aurait aussi été aussi un peu celle du Sénégal grâce à des joueurs comme Bacary Sagna ou Patrice Evra, mais le destin en a décidé autrement. Mais que d’enthousiasme et d’optimisme nous a apporté cette équipe !

Je sais que la France compte ici de nombreux amis et que vous en êtes. Aussi, pour vous souhaiter la bienvenue à tous, je vous dirai simplement : « Nioweul ak jam »

J’aurai besoin de vous tous car être nommé ambassadeur au Sénégal est évidemment un gage de confiance mais c’est aussi un défi. Défi d’être à la hauteur d’une relation unique, tant elle est privilégiée et intense. Jean Félix-Paganon a su, lui, relever ce défi. Je veux ce soir lui rendre hommage. Je lui succède mais je ne pourrai le remplacer.

L’histoire aurait pu diviser la France et le Sénégal, elle nous a rapprochés. Nous avons su assumer ensemble, sans rien oublier, cette mémoire tantôt glorieuse, tantôt douloureuse, qu’il s’agisse de Thiaroye, ou je me suis rendu dès mon arrivée, ou du lourd tribut payé par les Tirailleurs sénégalais. Cette « dette de sang », à laquelle les commémorations du centenaire de la Grande guerre rendent hommage actuellement.

Aujourd’hui, Monsieur le Ministre des forces armées, c’est par une volonté commune que nos hommes se retrouvent ensemble au Mali, pour préserver les mêmes idéaux. Je l’ai rappelé hier soir lors d’une très belle cérémonie aux Eléments Français au Sénégal. Je tiens donc à saluer ce soir l’engagement des Jambars dans les très nombreuses opérations de maintien de la paix.

Au cours de ces 350 ans d’histoire partagée, la langue française a toujours été le trait d’union entre nos peuples. Le président poète Léopold Sédar Senghor définissait magnifiquement la francophonie. Il disait, « La francophonie, c’est cet humanisme intégral qui se tisse autour de la terre, cette symbiose des énergies dormantes de tous les continents, de toutes les races, qui se réveillent à leur chaleur complémentaire ». Ce patrimoine est aussi une richesse pour la jeunesse sénégalaise avide de s’ouvrir au monde.

Si le passé nous rassemble, l’avenir nous rapproche plus encore. Nous nous connaissons bien avec nos qualités et nos ‘’petits défauts’’. Nous savons que nous pouvons compter l’un sur l’autre par beau temps comme temps agité, à l’hivernage comme à la saison sèche.

Ainsi Paris accompagne résolument Dakar dans la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent, lancé par le Président Macky Sall. La France investit dans les secteurs stratégiques de l’économie du pays. Les infrastructures comme l’agriculture, l’éducation comme la santé.

Ainsi la France et le Sénégal coopèrent étroitement en matière de sécurité, de lutte anti-terroriste.

Je suis ingénieur alors j’aime les chiffres, la technique, la logistique. Je pourrai vous parler d’euros ou de francs CFA mais comme je suis aussi diplomate je vais vous parler de la seule mesure de notre relation qui compte vraiment : les hommes et les femmes qui l’animent.

-sur les 7 000 élèves que comptent les établissements scolaires français au Sénégal, 80% sont sénégalais ou franco-sénégalais
- Près de 10 000 jeunes sénégalais étudient en France, 10 X sénégalais sont sur le plateau de l’école polytechnique
- nous pouvons compter sur la diaspora sénégalaise (environ 60 000 Sénégalais en France) comme sur les 25.000 français du Sénégal, la plus forte communauté française d’Afrique subsaharienne.
- et last but not least, les manifestations organisées par les instituts français (de Dakar et Saint-Louis) et les Alliances ont attiré 200 000 spectateurs l’an passé, de quoi concurrencer les concerts de mon ami Youssou Ndour ici présent ce soir !

Les plus hautes autorités sénégalaises et françaises vont animer avec éclat ces échanges dans les prochains mois : à la fin du mois les ministres français de l’intérieur et de l’agriculture, en septembre, le Premier ministre devrait se rendre dans la capitale sénégalaise puis le Ministre de la défense. L’année se conclura en beauté avec la visite d’Etat du Président SALL à Paris, qui a l’habitude de dire que « le seul problème avec la France, c’est qu’il n’y en a pas ».

Avant de conclure, un grand merci à toutes l’équipe de l’ambassade pour son travail et son dévouement. Sans elle ce 14 juillet n’aurait pu se tenir.

J’ai commencé en wolof, je terminerai de la même manière (mon diola ou mon poulard sont encore faibles…) : La France travaillera aux côtés du Sénégal « demba diekh » car, comme on dit ici, « Nio far » .

Vive la France !
Vive le Sénégal !
Vive l’amitié franco-sénégalaise !

Christophe Bigot
Ambassadeur de France au Sénégal

Revivez les cérémonies du grand bal populaire du 13 juillet au Lycée Jean Mermoz à Dakar et la Réception du 14 juillet à la Résidence de France en images :

Dernière modification : 02/08/2016

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