Lutte contre la traite des êtres humains en Afrique de l’Ouest et du Centre

Le séminaire régional consacré à l’assistance aux victimes de la traite des êtres humains en Afrique de l’Ouest et du Centre s’est tenu à Dakar du 9 au 11 mai 2007. Il s’adressait aux représentants de douze pays de la région (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Mali, Niger, Nigeria, Togo et Sénégal). Cette réunion d’experts avait pour objectif de renforcer les contacts et l’échange d’expériences entre les acteurs clés de la lutte contre la traite des êtres humains (Ministères en charge de la lutte contre la traite, autorités policières et judiciaires ainsi que représentants de la société civile) dans les deux sous régions. L’une des finalités de la rencontre était donc de permettre d’échanger des informations sur l’identification, la protection et la réinsertion des victimes de la traite, en particulier les femmes et les enfants, de renforcer l’échange d’expériences et de bonnes pratiques entre les différents acteurs impliqués, mais également d’envisager la mise en place d’un réseau régional entre lesdits acteurs.

La rencontre, qui s’est déroulée sous forme d’ateliers de réflexion, a permis de réunir plus de 45 participants des 12 pays mentionnés ci-dessus, des experts de l’Organisation Internationale du Travail, de l’ONUDC, du Ministère français des Affaires étrangères, l’Adjoint au Directeur de l’Office Central pour la Répression de la Traite des Etres Humains (OCRTEH) et deux représentants de l’ONG ALC-SPRS qui assure la prise en charge de victimes de traite dans la ville de Nice et le sud-est de la France.

JPEG

Susciter la création d’un réseau régional destiné à l’assistance des victimes de la traite des êtres humains. Telle était l’ambition des participants au séminaire de Dakar. C’est dans cette optique que les participants après avoir écouté des présentations de différentes personnes ressources ont travaillé dans le cadre d’ateliers thématiques respectivement relatifs au cadre juridique en matière de lutte contre la TEH, à la prise en charge des victimes et enfin à la mise en réseau proprement dite tant du point de vue policier et judiciaire, de chaque pays et au niveau régional.

Lors de la cérémonie d’ouverture, l’Ambassadeur de la France, M. André Parant, a préconisé d’inscrire la lutte contre la traite et l’exploitation des êtres humains dans les politiques nationales de promotion de la gouvernance démocratique et de l’Etat de droit. A la différence du terrorisme, estime-t-il, « la traite des êtres humains est un crime trop souvent silencieux mais qui ne connaît aucune frontière et touche à plus ou moins grande échelle, toutes les nationalités sans distinction ». D’après le rapport du BIT intitulé « Une alliance mondiale contre le travail forcé, 2005 », plus de 12 millions de personnes à l’échelle mondiale dont 660 000 en Afrique subsaharienne sont concernées par ce phénomène.

Le directeur du Bureau de l’organisation internationale du Travail (OIT) pour le Sahel et l’Afrique de l’Ouest, M. Dramane Haïdara a pour sa part indiqué que « l’une des difficultés de la lutte contre la traite des êtres humains en Afrique demeure l’identification des victimes ainsi que leur protection, leur assistance et le respect de leurs droits. » A titre d’exemple, a souligné M. Haïdara, « l’exploitation des enfants à travers les travaux domestiques, très répandue est souvent perçue comme un phénomène culturel non répréhensible ». Pour lui, « l’éradication de la traite exige, dès lors, des actions soutenues en vue de soustraire les victimes et les réintégrer autant que faire se peut, dans leur milieu social et dans le système scolaire et/ou professionnel. Au cas contraire, il faut, dès lors, prévoir des alternatives en vue de leur garantir un meilleur avenir ».

Enfin, le Ministre d’Etat, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice du Sénégal, Cheikh Tidiane SY, a estimé que « la lutte contre la traite des personnes ne peut réussir sans la mise en place d’un plan national d’action dans chaque pays, une coordination de ces plans au niveau sous-régional et régional ». Et, Cheikh Tidiane Sy d’ajouter : « L’Afrique a pris conscience de la dangerosité de la criminalité transnationale organisée, en particulier sous sa forme de trafic des êtres humains et elle est déterminé à le combattre sous toutes ses manifestations. »

A l’issue des travaux, les participants sont parvenus à dresser une liste de recommandations. Celles ci feront l’objet d’une présentation à la prochaine conférence mondiale organisée sur ce thème par l’ONUDC en novembre prochain à Vienne.

Des actes seront publiés prochainement.

Dernière modification : 23/05/2007

Haut de page